terça-feira, 8 de outubro de 2013

AIMEZ BIEN POUR ÊTRE AIMÉS

Mes chers condisciples, les Esprits ici présents vous disent par ma voix : Aimez bien, afin d'être aimés. Cette pensée est si juste, que vous trouverez en elle tout ce qui console et calme les peines de chaque jour ; ou plutôt, en pratiquant cette sage maxime, vous vous élèverez tellement au-dessus de la matière, que vous vous spiritualiserez avant votre dépouillement terrestre. Les études spirites ayant développé chez vous la compréhension de l'avenir, vous avez une certitude : l'avancement vers Dieu, avec toutes les promesses qui répondent aux aspirations de votre âme ; aussi devez-vous vous élever assez haut pour juger sans les étreintes de la matière, et ne pas condamner votre prochain avant d'avoir reporté votre pensée vers Dieu.

Aimer, dans le sens profond du mot, c'est être loyal, probe, consciencieux, pour faire aux autres ce que l'on voudrait pour soimême ; c'est chercher autour de soi le sens intime de toutes les douleurs qui accablent vos frères pour y apporter un adoucissement ; c'est regarder la grande famille humaine comme la sienne, car cette famille, vous la retrouverez dans une certaine période, en des mondes plus avancés, et les Esprits qui la composent sont, comme vous, enfants de Dieu, marqués au front pour s'élever vers l'infini. C'est pour cela que vous ne pouvez refuser à vos frères ce que Dieu vous a libéralement donné, parce que, de votre côté, vous seriez bien aises que vos frères vous donnassent ce dont vous auriez besoin. A toutes les souffrances donnez donc une parole d'espérance et d'appui, afin que vous soyez tout amour, toute justice.

Croyez que cette sage parole : «Aimez bien pour être aimés,» fera son chemin ; elle est révolutionnaire, et suit la route qui est fixe, invariable. Mais vous avez déjà gagné, vous qui m'écoutez ; vous êtes infiniment meilleurs qu'il y a cent ans ; vous avez tellement changé à votre avantage que vous acceptez sans conteste une foule d'idées nouvelles sur la liberté et la fraternité que vous eussiez rejetées jadis ; or, dans cent ans d'ici, vous accepterez avec la même facilité celles qui n'ont pu encore entrer dans votre cerveau.

Aujourd'hui que le mouvement spirite a fait un grand pas, voyez avec quelle rapidité les idées de justice et de rénovation renfermées dans les dictées des Esprits sont acceptées par la moyenne partie du monde intelligent ; c'est que ces idées répondent à tout ce qu'il y a de divin en vous ; c'est que vous êtes préparés par une semence féconde : celle du siècle dernier, qui a implanté dans la société les grandes idées de progrès ; et comme tout s'enchaîne sous le doigt du Très-Haut, toutes les leçons reçues et acceptées seront renfermées dans cet échange universel de l'amour du prochain ; par lui, les Esprits incarnés jugeant mieux, sentant mieux, se tendront la main des confins de votre planète ; on se réunira pour s'entendre et s'aimer, pour détruire toutes les injustices, toutes les causes de mésintelligence entre les peuples.

Grande pensée de rénovation par le spiritisme, si bien décrite dans le Livre des Esprits, tu produiras le grand miracle du siècle à venir, celui de la réunion de tous les intérêts matériels et spirituels des hommes, par l'application de cette maxime bien comprise : Aimez bien, afin d'être aimé. 

- Sanson, ancien membre de la Société spirite de Paris (Esprit).
1863.


Extrait du Chapitre XI - Aimer son prochain comme soi-même - de «L'Évangile selon le Spiritisme» - Allan Kardec.

segunda-feira, 7 de outubro de 2013

L'AMOUR EST D'ESSENCE DIVINE

L'amour est d'essence divine, et depuis le premier jusqu'au dernier, vous possédez au fond du coeur l'étincelle de ce feu sacré. C'est un fait que vous avez pu constater bien des fois : l'homme le plus abject, le plus vil, le plus criminel, a pour un être ou pour un objet quelconque une affection vive et ardente, à l'épreuve de tout ce qui tendrait à la diminuer, et atteignant souvent des proportions sublimes.

J'ai dit pour un être ou un objet quelconque, parce qu'il existe parmi vous des individus qui dépensent des trésors d'amour dont leur coeur surabonde, sur des animaux, sur des plantes, et même sur des objets matériels : espèces de misanthropes se plaignant de l'humanité en général, se raidissant contre la pente naturelle de leur âme qui cherche autour d'elle l'affection et la sympathie ; ils rabaissent la loi d'amour à l'état d'instinct. Mais, quoi qu'ils fassent, ils ne sauraient étouffer le germe vivace que Dieu a déposé dans leur coeur à leur création ; ce germe se développe et grandit avec la moralité et l'intelligence, et, quoique souvent comprimé par l'égoïsme, il est la source des saintes et douces vertus qui font les affections sincères et durables, et vous aident à franchir la route escarpée et aride de l'existence humaine.

Il est quelques personnes à qui l'épreuve de la réincarnation répugne, en ce sens que d'autres participent aux sympathies affectueuses dont ils sont jaloux. Pauvres frères ! c'est votre affection qui vous rend égoïstes ; votre amour est restreint à un cercle intime de parents ou d'amis, et tous les autres vous sont indifférents. Eh bien ! pour pratiquer la loi d'amour telle que Dieu l'entend, il faut que vous arriviez par degrés à aimer tous vos frères indistinctement. La tâche sera longue et difficile, mais elle s'accomplira : Dieu le veut, et la loi d'amour est le premier et le plus important précepte de votre nouvelle doctrine, parce que c'est celle-là qui doit un jour tuer l'égoïsme sous quelque forme qu'il se présente ; car, outre l'égoïsme personnel, il y a encore l'égoïsme de famille, de caste, de nationalité. Jésus a dit : «Aimez votre prochain comme vous-mêmes ;» or, quelle est la limite du prochain ? est-ce la famille, la secte, la nation ? Non, c'est l'humanité tout entière. Dans les mondes supérieurs, c'est l'amour mutuel qui harmonise et dirige les Esprits avancés qui les habitent, et votre planète destinée à un progrès prochain, par sa transformation sociale, verra pratiquer par ses habitants cette sublime loi, reflet de la Divinité.

Les effets de la loi d'amour sont l'amélioration morale de la race humaine et le bonheur pendant la vie terrestre. Les plus rebelles et les plus vicieux devront se réformer quand ils verront les bienfaits produits par cette pratique : Ne faites pas aux autres ce que vous ne voudriez pas qui vous fût fait, mais faites-leur au contraire tout le bien qu'il est en votre pouvoir de leur faire.

Ne croyez pas à la stérilité et à l'endurcissement du coeur humain ; il cède malgré lui à l'amour vrai ; c'est un aimant auquel il ne peut résister, et le contact de et amour vivifie et féconde les germes de cette vertu qui est dans vos coeurs à l'état latent. La terre, séjour d'épreuve et d'exil, sera alors purifiée par ce feu sacré, et verra pratiquer la charité, l'humilité, la patience, le dévouement, l'abnégation, la résignation, le sacrifice, toutes vertus filles de l'amour. Ne vous lassez donc pas d'entendre les paroles de Jean l'Evangéliste ; vous le savez, quand l'infirmité et la vieillesse suspendirent le cours de ses prédications, il ne répétait que ces douces paroles : «Mes petits enfants, aimez-vous les uns les autres.»

Chers frères aimés, mettez à profit ces leçons ; la pratique en est difficile, mais l'âme en retire un bien immense. Croyez-moi, faites le sublime effort que je vous demande : «Aimez-vous,» vous verrez bientôt la terre transformée et devenir l'Elysée où les âmes des justes viendront goûter le repos. 

- Fénelon (Esprit).
Bordeaux, 1861.


Extrait du Chapitre XI - Aimer son prochain comme soi-même - de «L'Évangile selon le Spiritisme» - Allan Kardec.

domingo, 6 de outubro de 2013

LA LOI D'AMOUR

L'amour résume la doctrine de Jésus tout entière, car c'est le sentiment par excellence, et les sentiments sont les instincts élevés à la hauteur du progrès accompli. A son point de départ, l'homme n'a que des instincts ; plus avancé et corrompu, il n'a que des sensations ; mais instruit et purifié, il a des sentiments ; et le point exquis du sentiment, c'est l'amour, non l'amour dans le sens vulgaire du mot, mais ce soleil intérieur qui condense et réunit dans son ardent foyer tontes les aspirations et toutes les révélations surhumaines. La loi d'amour remplace la personnalité par la fusion des êtres ; elle anéantit les misères sociales. Heureux celui qui, dépassant son humanité, aime d'un large amour ses frères en douleurs ! heureux celui qui aime, car il ne connaît ni la détresse de l'âme, ni celle du corps ; ses pieds sont légers, et il vit comme transporté hors de lui-même. Lorsque Jésus eut prononcé ce mot divin d'amour, ce mot fit tressaillir les peuples, et les martyrs, ivres d'espérance, descendirent dans le cirque.

Le spiritisme, à son tour, vient prononcer un second mot de l'alphabet divin ; soyez attentifs, car ce mot soulève la pierre des tombeaux vides, et la réincarnation, triomphant de la mort, révèle à l'homme ébloui son patrimoine intellectuel ; ce n'est plus aux supplices qu'elle le conduit, mais à la conquête de son être, élevé et transfiguré. Le sang a racheté l'Esprit, et l'Esprit doit aujourd'hui racheter l'homme de la matière.

J'ai dit qu'à son début l'homme n'a que des instincts ; celui donc en qui les instincts dominent est plus près du point de départ que du but. Pour avancer vers le but, il faut vaincre les instincts au profit des sentiments, c'est-à-dire perfectionner ceux-ci en étouffant les germes latents de la matière. Les instincts sont la germination et les embryons du sentiment ; ils portent avec eux le progrès, comme le gland recèle le chêne, et les êtres les moins avancés sont ceux qui, ne dépouillant que peu à peu leur chrysalide, demeurent asservis à leurs instincts. L'Esprit doit être cultivé comme un champ ; toute la richesse future dépend du labour présent, et plus que des biens terrestres, il vous apportera la glorieuse élévation ; c'est alors que, comprenant la loi d'amour qui unit tons les êtres, vous y chercherez les suaves jouissances de l'âme qui sont le prélude des joies célestes.

- Lazare (Esprit).
Paris, 1862.


Extrait du Chapitre XI - Aimer son prochain comme soi-même - de «L'Évangile selon le Spiritisme» - Allan Kardec.

sábado, 5 de outubro de 2013

LES IMPERFECTIONS DES AUTRES

Personne n'étant parfait, s'ensuit-il que personne n'a le droit de reprendre son voisin ?

Assurément non, puisque chacun de vous doit travailler au progrès de tous, et surtout de ceux dont la tutelle vous est confiée ; mais c'est une raison de le faire avec modération, dans un but utile, et, non, comme on le fait la plupart du temps, pour le plaisir de dénigrer. Dans ce dernier cas, le blâme est une méchanceté ; dans le premier, c'est un devoir que la charité commande d'accomplir avec tous les ménagements possibles ; et encore le blâme qu'on jette sur autrui, doit-on en même temps se l'adresser à soi-même et se demander si on ne le mérite pas. 

- Saint Louis (Esprit).
Paris, 1860.

Est-on répréhensible d'observer les imperfections des autres, lorsqu'il n'en peut résulter aucun profit pour eux, et alors qu'on ne les divulgue pas ?

Tout dépend de l'intention ; certainement il n'est pas défendu de voir le mal, quand le mal existe ; il y aurait même de l'inconvénient à ne voir partout que le bien : cette illusion nuirait au progrès. Le tort est de faire tourner cette observation au détriment du prochain, en le décriant sans nécessité dans l'opinion. On serait encore répréhensible de ne le faire que pour s'y complaire soi-même avec un sentiment de malveillance et de joie de trouver les autres en défaut. Il en est tout autrement lorsque, jetant un voile sur le mal pour le public, on se borne à l'observer pour en faire son profit personnel, c'est-à-dire pour s'étudier à éviter ce qu'on blâme dans les autres. Cette observation, d'ailleurs, n'est-elle pas utile au moraliste ? Comment peindrait-il les travers de l'humanité s'il n'étudiait pas les modèles ? 

- Saint Louis (Esprit).
Paris, 1860.

Est-il des cas où il soit utile de dévoiler le mal en autrui ?

Cette question est très délicate, et c'est ici qu'il faut faire appel à la charité bien comprise. Si les imperfections d'une personne ne nuisent qu'à elle-même, il n'y a jamais utilité à les faire connaître ; mais si elles peuvent porter préjudice à d'autres, il faut préférer l'intérêt du plus grand nombre à l'intérêt d'un seul. Suivant les circonstances, démasquer l'hypocrisie et le mensonge peut être un devoir ; car il vaut mieux qu'un homme tombe que si plusieurs deviennent ses dupes ou ses victimes. En pareil cas, il faut peser la somme des avantages et des inconvénients.

- Saint Louis (Esprit).
Paris, 1860.


Extrait du Chapitre X - Bienheureux ceux qui sont miséricordieux - de «L'Évangile selon le Spiritisme» - Allan Kardec.

sexta-feira, 4 de outubro de 2013

CHARITÉ POUR TOUS ET AMOUR DE DIEU PARDESSUS TOUTE CHOSE

Chers amis, soyez sévères pour vous-mêmes, indulgents pour les faiblesses des autres ; c'est encore une pratique de la sainte charité que bien peu de personnes observent. Tous vous avez de mauvais penchants à vaincre, des défauts à corriger, des habitudes à modifier ; tous vous avez un fardeau plus ou moins lourd à déposer pour gravir le sommet de la montagne du progrès. Pourquoi donc être si clairvoyants pour le prochain et si aveugles pour vous-mêmes ? Quand donc cesserez-vous d'apercevoir dans l'oeil de votre frère le fétu de paille qui le blesse, sans regarder dans le vôtre la poutre qui vous aveugle et vous fait marcher de chute en chute ? Croyez-en vos frères les Esprits : Tout homme assez orgueilleux pour se croire supérieur en vertu et en mérite à ses frères incarnés est insensé et coupable, et Dieu le châtiera au jour de sa justice. Le véritable caractère de la charité est la modestie et l'humilité qui consistent à ne voir que superficiellement les défauts d'autrui pour s'attacher à faire valoir ce qu'il y en a lui de bon et de vertueux ; car si le coeur humain est un abîme de corruption, il existe toujours dans quelques-uns de ses replis les plus cachés le germe de quelques bons sentiments, étincelle vivace de l'essence spirituelle.

Spiritisme, doctrine consolante et bénie, heureux ceux qui te connaissent et qui mettent à profit les salutaires enseignements des Esprits du Seigneur ! Pour eux, la voie est éclairée, et tout le long de la route ils peuvent lire ces mots qui leur indiquent le moyen d'arriver au but : charité pratique, charité de coeur, charité pour le prochain comme pour soi-même ; en un mot, charité pour tous et amour de Dieu pardessus toute chose, parce que l'amour de Dieu résume tous les devoirs, et qu'il est impossible d'aimer réellement Dieu sans pratiquer la charité dont il fait une loi à toutes ses créatures.

- Dufêtre, évêque de Nevers (Esprit).
Bordeaux.


Extrait du Chapitre X - Bienheureux ceux qui sont miséricordieux - de «L'Évangile selon le Spiritisme» - Allan Kardec.

quarta-feira, 2 de outubro de 2013

SUIVEZ CE DIVIN MODÈLE

Soyez indulgents pour les fautes d'autrui, quelles qu'elles soient ; ne jugez avec sévérité que vos propres actions, et le Seigneur usera d'indulgence envers vous, comme vous en aurez usé envers les autres. 

Soutenez les forts : encouragez-les à la persévérance ; fortifiez les faibles en leur montrant la bonté de Dieu qui compte le moindre repentir ; montrez à tous l'ange de la repentance étendant son aile blanche sur les fautes des humains, et les voilant ainsi aux yeux de celui qui ne peut voir ce qui est impur. Comprenez tous la miséricorde infinie de votre Père, et n'oubliez jamais de lui dire par votre pensée et surtout par vos actes : «Pardonnez-nous nos offenses, comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés.» Comprenez bien la valeur de ces sublimes paroles ; la lettre n'en est pas seule admirable, mais aussi l'enseignement qu'elle renferme.

Que demandez-vous au Seigneur en lui demandant votre pardon ? Estce seulement l'oubli de vos offenses ? oubli qui vous laisse dans le néant, car si Dieu se contente d'oublier vos fautes, il ne punit pas, mais non plus il ne récompense pas. La récompense ne peut être le prix du bien que l'on n'a pas fait, et encore moins du mal que l'on a fait, ce mal fût-il oublié ? En lui demandant pardon de vos transgressions, vous lui demandez la faveur de ses grâces pour n'y plus retomber ; la force nécessaire pour entrer dans une voie nouvelle, voie de soumission et d'amour dans laquelle vous pourrez ajouter la réparation au repentir.

Quand vous pardonnez à vos frères, ne vous contentez pas d'étendre le voile de l'oubli sur leurs fautes ; ce voile est souvent bien transparent à vos yeux ; apportez-leur l'amour en même temps que le pardon ; faites pour eux ce que vous demanderez à votre Père céleste de faire pour vous. Remplacez la colère qui souille par l'amour qui purifie. Prêchez d'exemple cette charité active, infatigable, que Jésus vous a enseignée ; prêchez-la comme il le fit lui-même tout le temps qu'il vécut sur la terre visible aux yeux du corps, et comme il la prêche encore sans cesse depuis qu'il n'est plus visible qu'aux yeux de l'esprit. Suivez ce divin modèle ; marchez sur ses traces : elles vous conduiront au lieu de refuge où vous trouverez le repos après la lutte. Comme lui, chargez-vous tous de votre croix, et gravissez péniblement, mais courageusement votre calvaire : au sommet est la glorification. 

- Jean, év. de Bordeaux (Esprit).
1862.


Extrait du Chapitre X - Bienheureux ceux qui sont miséricordieux - de «L'Évangile selon le Spiritisme» - Allan Kardec.

terça-feira, 1 de outubro de 2013

L'INDULGENCE

Spirites, nous voulons vous parler aujourd'hui de l'indulgence, ce sentiment si doux, si fraternel que tout homme doit avoir pour ses frères, mais dont bien peu font usage.

L'indulgence ne voit point les défauts d'autrui, ou si elle les voit, elle se garde d'en parler, de les colporter ; elle les cache au contraire, afin qu'ils ne soient connus que d'elle seule, et si la malveillance les découvre, elle a toujours une excuse prête pour les pallier, c'est-à-dire une excuse plausible, sérieuse, et rien de celles qui ayant l'air d'atténuer la faute la font ressortir avec une perfide adresse.

L'indulgence ne s'occupe jamais des actes mauvais d'autrui, à moins que ce ne soit pour rendre un service, encore a-t-elle soin de les atténuer autant que possible. Elle ne fait point d'observation choquante, n'a point de reproches aux lèvres, mais seulement des conseils, le plus souvent voilés. Quand vous jetez la critique, quelle conséquence doit-on tirer de vos paroles ? c'est que vous, qui blâmez, n'auriez pas fait ce que vous reprochez, c'est que vous valez mieux que le coupable. O hommes ! quand donc jugerez-vous vos propres coeurs, vos propres pensées, vos propres actes, sans vous occuper de ce que font vos frères ? Quand n'ouvrirez-vous vos yeux sévères que sur vous-mêmes ?

Soyez donc sévères envers vous, indulgents envers les autres. Songez à celui qui juge en dernier ressort, qui voit les secrètes pensées de chaque coeur, et qui, par conséquent, excuse souvent les fautes que vous blâmez, ou condamne ce que vous excusez, parce qu'il connaît le mobile de tous les actes, et que vous, qui criez si haut : anathème ! auriez peutêtre commis des fautes plus graves.

Soyez indulgents, mes amis, car l'indulgence attire, calme, redresse, tandis que la rigueur décourage, éloigne et irrite.

- Joseph, Esprit protecteur.
Bordeaux, 1863.


Extrait du Chapitre X - Bienheureux ceux qui sont miséricordieux - de «L'Évangile selon le Spiritisme» - Allan Kardec.