segunda-feira, 18 de novembro de 2013

Hors la charité point de salut

10. Mes enfants, dans la maxime : Hors la charité point de salut, sont contenues les destinées des hommes sur la terre et dans le ciel ; sur la terre, parce qu'à l'ombre de cet étendard ils vivront en paix ; dans le ciel, parce que ceux qui l'auront pratiquée trouveront grâce devant le Seigneur. Cette devise est le flambeau céleste, la colonne lumineuse qui guide l'homme dans le désert de la vie pour le conduire à la Terre Promise ; elle brille dans le ciel comme une auréole sainte au front des élus, et sur la terre elle est gravée dans le coeur de ceux à qui Jésus dira : Allez à droite, vous les bénis de mon Père. Vous les reconnaissez au parfum de charité qu'ils répandent autour d'eux. Rien n'exprime mieux la pensée de Jésus, rien ne résume mieux les devoirs de l'homme que cette maxime d'ordre divin ; le spiritisme ne pouvait mieux prouver son origine qu'en la donnant pour règle, car elle est le reflet du plus pur christianisme ; avec un tel guide, l'homme ne s'égarera jamais. Appliquez-vous donc, mes amis, à en comprendre le sens profond et les conséquences, à en chercher pour vous-mêmes toutes les applications. Soumettez toutes vos actions au contrôle de la charité, et votre conscience vous répondra ; non seulement elle vous évitera de faire le mal, mais elle vous fera faire le bien : car il ne suffit pas d'une vertu négative, il faut une vertu active ; pour faire le bien, il faut toujours l'action de la volonté ; pour ne pas faire le mal, il suffit souvent de l'inertie et de l'insouciance.

Mes amis, remerciez Dieu qui a permis que vous pussiez jouir de la lumière du spiritisme ; non pas que ceux qui la possèdent puissent seuls être sauvés, mais parce qu'en vous aidant à mieux comprendre les enseignements du Christ, elle fait de vous de meilleurs chrétiens ; faites donc qu'en vous voyant on puisse dire que vrai spirite et vrai chrétien sont une seule et même chose, car tous ceux qui pratiquent la charité sont les disciples de Jésus à quelque culte qu'ils appartiennent. 

- Paul, apôtre (Esprit).
Paris, 1860.


Extrait du Chapitre XV - Hors la charité point de salut - de «L'Évangile selon le Spiritisme» - Allan Kardec.

domingo, 17 de novembro de 2013

Hors l'Eglise point de salut

8. Tandis que la maxime : Hors la charité point de salut, s'appuie sur un principe universel, ouvre à tous les enfants de Dieu l'accès du bonheur suprême, le dogme : Hors l'Eglise point de salut, s'appuie, non pas sur la foi fondamentale en Dieu et en l'immortalité de l'âme, foi commune à toutes les religions, mais sur la foi spéciale en des dogmes particuliers ; il est exclusif et absolu ; au lieu d'unir les enfants de Dieu, il les divise ; au lieu de les exciter à l'amour de leurs frères, il entretient et sanctionne l'irritation entre les sectaires des différents cultes qui se considèrent réciproquement comme maudits dans l'éternité, fussent-ils parents ou amis dans ce monde ; méconnaissant la grande loi d'égalité devant la tombe, il les sépare même dans le champ du repos. La maxime : Hors la charité point de salut, est la consécration du principe de l'égalité devant Dieu et de la liberté de conscience ; avec cette maxime pour règle, tous les hommes sont frères, et quelle que soit leur manière d'adorer le Créateur, ils se tendent la main et prient les uns pour les autres. Avec le dogme : Hors l'Eglise point de salut, ils se lancent l'anathème, se persécutent et vivent en ennemis ; le père ne prie pas pour le fils, ni le fils pour le père, ni l'ami pour l'ami, s'ils se croient réciproquement damnés sans retour. Ce dogme est donc essentiellement contraire aux enseignements du Christ et à la loi évangélique.

9. Hors la vérité point de salut serait l'équivalent de : Hors l'Eglise point de salut, et tout aussi exclusif, car il n'est pas une seule secte qui ne prétende avoir le privilège de la vérité. Quel est l'homme qui peut se flatter de la posséder tout entière, alors que le cercle des connaissances grandit sans cesse, et que les idées se rectifient chaque jour ? La vérité absolue n'est le partage que des Esprits de l'ordre le plus élevé, et l'humanité terrestre ne saurait y prétendre, parce qu'il ne lui est pas donné de tout savoir ; elle ne peut aspirer qu'à une vérité relative et proportionnée à son avancement. Si Dieu avait fait de la possession de la vérité absolue la condition expresse du bonheur futur, ce serait un arrêt de proscription générale ; tandis que la charité, même dans son acception la plus large, peut être pratiquée par tous. Le spiritisme, d'accord avec l'Evangile, admettant que l'on peut être sauvé quelle que soit sa croyance, pourvu que l'on observe la loi de Dieu, ne dit point : Hors le spiritisme point de salut; et comme il ne prétend pas enseigner encore toute la vérité, il ne dit pas non plus : Hors la vérité point de salut, maxime qui diviserait au lieu d'unir, et perpétuerait l'antagonisme. 

- Allan Kardec.


Extrait du Chapitre XV - Hors la charité point de salut - de «L'Évangile selon le Spiritisme» - Allan Kardec.

quinta-feira, 14 de novembro de 2013

Nécessité de la charité selon saint Paul

6. Quand je parlerais toutes les langues des hommes, et la langue des anges même, si je n'ai point la charité, je ne suis que comme un airain sonnant, et une cymbale retentissante ; - et quand j'aurais le don de prophétie, que je pénétrerais tous les mystères, et que j'aurais une parfaite science de toutes choses ; quand j'aurais encore toute la foi possible, jusqu'à transporter les montagnes, si je n'ai point la charité, je ne suis rien. - Et quand j'aurais distribué mon bien pour nourrir les pauvres, et que j'aurais livré mon corps pour être brûlé, si je n'ai point la charité, tout cela ne me sert de rien.

La charité est patiente ; elle est douce et bienfaisante ; la charité n'est point envieuse ; elle n'est point téméraire et précipitée ; elle ne s'enfle point d'orgueil ; -elle n'est point dédaigneuse ; elle ne cherche point ses propres intérêts ; elle ne se pique et ne s'aigrit de rien ; elle n'a point de mauvais soupçons ; elle ne se réjouit point de l'injustice, mais elle se réjouit de la vérité ; elle supporte tout, elle croit tout, elle espère tout, elle souffre tout.

Maintenant ces trois vertus : la foi, l'espérance et la charité demeurent ; mais entre elles la plus excellente est la charité. (Saint Paul, 1° Epître aux Corinthiens, ch. XIII, v. de 1 à 7 et 13.)

7. Saint Paul a tellement compris cette grande vérité, qu'il dit : «Quand j'aurais le langage des anges ; quand j'aurais le don de prophétie, que je pénétrerais tous les mystères ; quand j'aurais toute la foi possible jusqu'à transporter les montagnes, si je n'ai point la charité, je ne suis rien. Entre ces trois vertus : la foi, l'espérance et la charité, la plus excellente est la charité.» Il place ainsi, sans équivoque, la charité audessus même de la foi ; c'est que la charité est à la portée de tout le monde, de l'ignorant et du savant, du riche et du pauvre, et parce qu'elle est indépendante de toute croyance particulière. Il fait plus : il définit la vraie charité ; il la montre, non pas seulement dans la bienfaisance, mais dans la réunion de toutes les qualités du coeur, dans la bonté et la bienveillance à l'égard du prochain.

- Allan Kardec.


Extrait du Chapitre XV - Hors la charité point de salut - de «L'Évangile selon le Spiritisme» - Allan Kardec.

quarta-feira, 13 de novembro de 2013

Le plus grand commandement

4. Mais les Pharisiens, avant appris qu'il avait fermé la bouche aux Sadducéens, s'assemblèrent ; - et l'un d'eux, qui était docteur de la loi, vint lui faire cette question pour le tenter : - Maître, quel est le grand commandement de la loi ? -Jésus lui répondit : Vous aimerez le Seigneur votre Dieu de tout votre coeur, de toute votre âme, et de tout votre esprit. - C'est là le plus grand et le premier commandement. - Et voici le second qui est semblable à celui-là : Vous aimerez votre prochain comme vous-même. - Toute la loi et les prophètes sont renfermés dans ces deux commandements. (Saint Matthieu, ch. XXII, v. de 34 à 40.)

5. Charité et humilité, telle est donc la seule voie du salut ; égoïsme et orgueil, telle est celle de la perdition. Ce principe est formulé en termes précis dans ces paroles : «Vous aimerez Dieu de toute votre âme et votre prochain comme vous-même ; toute la loi et les prophètes sont renfermés dans ces deux commandements.» Et pour qu'il n'y ait pas d'équivoque sur l'interprétation de l'amour de Dieu et du prochain, il ajoute : «Et voici le second commandement qui est semblable au premier ;» c'est-à-dire qu'on ne peut vraiment aimer Dieu sans aimer son prochain, ni aimer son prochain sans aimer Dieu ; donc tout ce que l'on fait contre le prochain, c'est le faire contre Dieu. Ne pouvant aimer Dieu sans pratiquer la charité envers le prochain, tous les devoirs de l'homme se trouvent résumés dans cette maxime : HORS LA CHARITE POINT DE SALUT.

- Allan Kardec.


Extrait du Chapitre XV - Hors la charité point de salut - de «L'Évangile selon le Spiritisme» - Allan Kardec.

terça-feira, 12 de novembro de 2013

Ce qu'il faut pour être sauvé

1. Or, quand le Fils de l'homme viendra dans sa majesté, accompagné de tous les anges, il s'assoira sur le trône de sa gloire ; - et toutes les nations étant assemblées devant lui, il séparera les uns d'avec les autres, comme un berger sépare les brebis d'avec les boucs, - et il placera les brebis à sa droite, et les boucs à sa gauche.

Alors le Roi dira à ceux qui seront à sa droite : Venez, vous qui avez été bénis par mon Père, possédez le royaume qui vous a été préparé dès le commencement du monde ; - car j'ai eu faim, et vous m'avez donné à manger ; j'ai eu soif, et vous m'avez donné à boire ; j'ai eu besoin de logement, et vous m'avez logé ; - j'ai été nu, et vous m'avez revêtu ; j'ai été malade, et vous m'avez visité ; j'ai été en prison, et vous m'êtes venu voir.

Alors les justes lui répondront : Seigneur, quand est-ce que nous vous avons vu avoir faim, et que nous vous avons donné à manger, ou avoir soif, et que nous vous avons donné à boire ? - Quand est-ce que nous vous avons vu sans logement, et que nous vous avons logé ; ou sans habits, et que nous vous avons revêtu ? - Et quand est-ce que nous vous avons vu malade ou en prison, et que nous sommes venus vous visiter ? - Et le Roi leur répondra : Je vous dis en vérité, autant de fois que vous l'avez fait à l'égard de l'un de ces plus petits de mes frères, c'est à moimême que vous l'avez fait.

Il dira ensuite à ceux qui seront à sa gauche : Retirez-vous de moi, maudits ; allez au feu éternel, qui a été préparé pour le diable et pour ses anges ; - car j'ai eu faim, et vous ne m'avez pas donné à manger ; j'ai eu soif, et vous ne m'avez pas donné à boire ; - j'ai eu besoin de logement, et vous ne m'avez pas logé ; j'ai été sans habits, et vous ne m'avez pas revêtu ; j'ai été malade et en prison, et vous ne m'avez point visité.

Alors ils lui répondront aussi : Seigneur, quand est-ce que nous vous avons vu avoir faim, avoir soif, ou sans logement, ou sans habits, ou malade, ou dans la prison, et que nous avons manqué à vous assister ? - Mais il leur répondra : Je vous dis en vérité, autant de fois que vous avez manqué à rendre ces assistances à l'un de ces plus petits, vous avez manqué à me les rendre à moi-même.

Et alors ceux-ci iront dans le supplice éternel, et les justes dans la vie éternelle. (Saint Matthieu, ch. XXV, v. de 31 à 46.)

2. Alors un docteur de la loi s'étant levé, lui dit pour le tenter : Maître, que fautil que je fasse pour posséder la vie éternelle ? - Jésus lui répondit : Qu'y a-t-il d'écrit dans la loi ? Qu'y lisez-vous ? - Il lui répondit : Vous aimerez le Seigneur votre Dieu de tout votre coeur, de toute votre âme, de toutes vos forces et de tout votre esprit, et votre prochain comme vous-même. - Jésus lui dit : Vous avez fort bien répondu ; faites cela et vous vivrez. 

Mais cet homme, voulant faire paraître qu'il était juste, dit à Jésus : Et qui est mon prochain ? - Et Jésus prenant la parole lui dit :

Un homme qui descendait de Jérusalem à Jéricho tomba entre les mains des voleurs qui le dépouillèrent, le couvrirent de plaies, et s'en allèrent, le laissant à demi mort. - Il arriva ensuite qu'un prêtre descendait par le même chemin, lequel, l'ayant aperçu, passa outre. - Un lévite, qui vint aussi au même lieu, l'ayant considéré, passa outre encore. - Mais un Samaritain qui voyageait, étant venu à l'endroit où était cet homme, et l'ayant vu, en fut touché de compassion. - Il s'approcha donc de lui, versa de l'huile et du vin dans ses plaies, et les banda ; et l'ayant mis sur son cheval, il le mena dans une hôtellerie, et prit soin de lui. - Le lendemain il tira deux deniers qu'il donna à l'hôte, et lui dit : Ayez bien soin de cet homme, et tout ce que vous dépenserez de plus, je vous le rendrai à mon retour.

Lequel de ces trois vous semble-t-il avoir été le prochain de celui qui tomba entre les mains des voleurs ? - Le docteur lui répondit : Celui qui a exercé la miséricorde envers lui. - Allez donc, lui dit Jésus, et faites de même. (Saint Luc, ch. X, v. de 25 à 37.)

3. Toute la morale de Jésus se résume dans la charité et l'humilité, c'est-à-dire dans les deux vertus contraires à l'égoïsme et à l'orgueil. Dans tous ses enseignements, il montre ces vertus comme étant le chemin de l'éternelle félicité : Bienheureux, dit-il, les pauvres d'esprit, c'est-à-dire les humbles, parce que le royaume des cieux est à eux ; bienheureux ceux qui ont le coeur pur ; bienheureux ceux qui sont doux et pacifiques ; bienheureux ceux qui sont miséricordieux ; aimez votre prochain comme vous-même ; faites aux autres ce que vous voudriez qu'on vous fît ; aimez vos ennemis ; pardonnez les offenses, si vous voulez être pardonné ; faites le bien sans ostentation ; jugez-vous vousmême avant de juger les autres. Humilité et charité, voilà ce qu'il ne cesse de recommander et ce dont il donne lui-même l'exemple ; orgueil et égoïsme, voilà ce qu'il ne cesse de combattre ; mais il fait plus que de recommander la charité, il la pose nettement et en termes explicites comme la condition absolue du bonheur futur.

Dans le tableau que donne Jésus du jugement dernier, il faut, comme dans beaucoup d'autres choses, faire la part de la figure et de l'allégorie. A des hommes comme ceux à qui il parlait, encore incapables de comprendre les choses purement spirituelles, il devait présenter des images matérielles, saisissantes et capables d'impressionner ; pour mieux être accepté, il devait même ne pas trop s'écarter des idées reçues, quant à la forme, réservant toujours pour l'avenir la véritable interprétation de ses paroles et des points sur lesquels il ne pouvait s'expliquer clairement. Mais à côté de la partie accessoire et figurée du tableau, il y a une idée dominante : celle du bonheur qui attend le juste et du malheur réservé au méchant.

Dans ce jugement suprême, quels sont les considérants de la sentence ? sur quoi porte l'enquête ? Le juge demande-t-il si l'on a rempli telle ou telle formalité, observé plus ou moins telle ou telle pratique extérieure ? Non ; il ne s'enquiert que d'une chose : la pratique de la charité, et il prononce en disant : Vous qui avez assisté vos frères, passez à droite ; vous qui avez été durs pour eux, passez à gauche. S'informe-t-il de l'orthodoxie de la foi ? fait-il une distinction entre celui qui croit d'une façon et celui qui croit d'une autre ? Non ; car Jésus place le Samaritain, regardé comme hérétique, mais qui a l'amour du prochain, au-dessus de l'orthodoxe qui manque de charité. Jésus ne fait donc pas de la charité seulement une des conditions du salut, mais la seule condition ; s'il y en avait d'autres à remplir, il les aurait exprimées. S'il place la charité au premier rang des vertus, c'est qu'elle renferme implicitement toutes les autres : l'humilité, la douceur, la bienveillance, l'indulgence, la justice, etc. ; et parce qu'elle est la négation absolue de l'orgueil et de l'égoïsme.

- Allan Kardec.


Extrait du Chapitre XV - Hors la charité point de salut - de «L'Évangile selon le Spiritisme» - Allan Kardec.

segunda-feira, 11 de novembro de 2013

L'ingratitude des enfants et les liens de famille

9. L'ingratitude est un des fruits les plus immédiats de l'égoïsme ; elle révolte toujours les coeurs honnêtes ; mais celle des enfants à l'égard des parents a un caractère encore plus odieux ; c'est à ce point de vue plus spécialement que nous allons l'envisager pour en analyser les causes et les effets. Ici, comme partout, le spiritisme vient jeter la lumière sur un des problèmes du coeur humain.

Quand l'Esprit quitte la terre, il emporte avec lui les passions ou les vertus inhérentes à sa nature, et va dans l'espace se perfectionnant ou restant stationnaire jusqu'à ce qu'il veuille voir la lumière. Quelques-uns sont donc partis, emportant avec eux des haines puissantes et des désirs de vengeance inassouvis ; mais à quelques-uns de ceux-là, plus avancés que les autres, il est permis d'entrevoir un coin de la vérité ; ils reconnaissent les funestes effets de leurs passions, et c'est alors qu'ils prennent de bonnes résolutions ; ils comprennent que pour aller à Dieu, il n'est qu'un seul mot de passe : charité; or, pas de charité sans oubli des outrages et des injures ; pas de charité avec des haines au coeur et sans pardon.

Alors, par un effort inouï, ils regardent ceux qu'ils ont détestés sur la terre ; mais à cette vue leur animosité se réveille ; ils se révoltent à l'idée de pardonner, encore plus qu'à celle de s'abdiquer eux-mêmes, à celle surtout d'aimer ceux qui ont détruit peut-être leur fortune, leur honneur, leur famille. Cependant le coeur de ces infortunés est ébranlé ; ils hésitent, ils flottent, agités par ces sentiments contraires ; si la bonne résolution l'emporte, ils prient Dieu, ils implorent les bons Esprits de leur donner la force au moment le plus décisif de l'épreuve.

Enfin, après quelques années de méditations et de prières, l'Esprit profite d'une chair qui se prépare dans la famille de celui qu'il a détesté, et demande aux Esprits chargés de transmettre les ordres suprêmes, d'aller remplir sur la terre les destinées de cette chair qui vient de se former. Quelle sera donc sa conduite dans cette famille ? Elle dépendra du plus ou moins de persistance de ses bonnes résolutions. Le contact incessant des êtres qu'il a haïs est une épreuve terrible sous laquelle il succombe parfois, si sa volonté n'est pas assez forte. Ainsi, selon que la bonne ou la mauvaise résolution l'emportera, il sera l'ami ou l'ennemi de ceux au milieu desquels il est appelé à vivre. Par là s'expliquent ces haines, ces répulsions instinctives que l'on remarque chez certains enfants et qu'aucun acte antérieur ne semble justifier ; rien, en effet, dans cette existence, n'a pu provoquer cette antipathie ; pour s'en rendre compte, il faut porter son regard sur le passé.

O spirites ! comprenez aujourd'hui le grand rôle de l'humanité ; comprenez que quand vous produisez un corps, l'âme qui s'y incarne vient de l'espace pour progresser ; sachez vos devoirs, et mettez tout votre amour à rapprocher cette âme de Dieu : c'est la mission qui vous est confiée, et dont vous recevrez la récompense si vous l'accomplissez fidèlement. Vos soins, l'éducation que vous lui donnerez aideront à son perfectionnement et à son bien-être futur. Songez qu'à chaque père et à chaque mère, Dieu demandera : Qu'avez-vous fait de l'enfant confié à votre garde ? S'il est resté arriéré par votre faute, votre châtiment sera de le voir parmi les Esprits souffrants, tandis qu'il dépendait de vous qu'il fût heureux. Alors vous-mêmes, bourrelés de remords, vous demanderez à réparer votre faute ; vous solliciterez une nouvelle incarnation pour vous et pour lui, dans laquelle vous l'entourerez de soins plus éclairés, et lui, plein de reconnaissance, vous entourera de son amour.

Ne rebutez donc point l'enfant au berceau qui repousse sa mère, ni celui qui vous paye d'ingratitude ; ce n'est pas le hasard qui l'a fait ainsi et qui vous l'a donné. Une intuition imparfaite du passé se révèle, et de là jugez que l'un ou l'autre a déjà bien haï ou a été bien offensé ; que l'un ou l'autre est venu pour pardonner ou pour expier. Mères ! embrassez donc l'enfant qui vous cause du chagrin, et dites-vous : L'un de nous deux a été coupable. Méritez les jouissances divines que Dieu attache à la maternité, en apprenant à cet enfant qu'il est sur la terre pour se perfectionner, aimer et bénir. Mais, hélas ! beaucoup d'entre vous, au lieu de chasser par l'éducation les mauvais principes innés des existences antérieures, entretiennent, développent ces mêmes principes par une coupable faiblesse ou par insouciance, et, plus tard, votre coeur, ulcéré par l'ingratitude de vos enfants, sera pour vous, dès cette vie, le commencement de votre expiation.

La tâche n'est pas aussi difficile que vous pourriez le croire ; elle n'exige point le savoir du monde ; l'ignorant comme le savant peut la remplir, et le spiritisme vient la faciliter en faisant connaître la cause des imperfections du coeur humain.

Dès le berceau, l'enfant manifeste les instincts bons ou mauvais qu'il apporte de son existence antérieure ; c'est à les étudier qu'il faut s'appliquer ; tous les maux ont leur principe dans l'égoïsme et l'orgueil ; épiez donc les moindres signes qui révèlent le germe de ces vices, et attachez-vous à les combattre sans attendre qu'ils aient pris des racines profondes ; faites comme le bon jardinier, qui arrache les mauvais bourgeons à mesure qu'il les voit poindre sur l'arbre. Si vous laissez se développer l'égoïsme et l'orgueil, ne vous étonnez pas d'être plus tard payés par l'ingratitude. Quand des parents ont fait tout ce qu'ils doivent pour l'avancement moral de leurs enfants, s'ils ne réussissent pas, ils n'ont point de reproches à se faire, et leur conscience peut être en repos ; mais au chagrin bien naturel qu'ils éprouvent de l'insuccès de leurs efforts, Dieu réserve une grande, une immense consolation, par la certitude que ce n'est qu'un retard, et qu'il leur sera donné d'achever dans une autre existence l'oeuvre commencée dans celle-ci, et qu'un jour l'enfant ingrat les récompensera par son amour.

Dieu n'a point fait l'épreuve au-dessus des forces de celui qui la demande ; il ne permet que celles qu'on peut accomplir ; si l'on ne réussit pas, ce n'est donc pas la possibilité qui manque, mais la volonté, car combien y en a-t-il qui au lieu de résister aux mauvais entraînements s'y complaisent ; c'est à ceux-là que sont réservés les pleurs et les gémissements dans leurs existences postérieures ; mais admirez la bonté de Dieu, qui ne ferme jamais la porte du repentir. Un jour vient où le coupable est las de souffrir, où son orgueil est enfin dompté, c'est alors que Dieu ouvre ses bras paternels à l'enfant prodigue qui se jette à ses pieds. Les fortes épreuves, entendez-moi bien, sont presque toujours l'indice d'une fin de souffrance et d'un perfectionnement de l'Esprit, lorsqu'elles sont acceptées en vue de Dieu. C'est un moment suprême, et c'est là surtout qu'il importe de ne pas faillir en murmurant, si l'on ne veut en perdre le fruit et avoir à recommencer. Au lieu de vous plaindre, remerciez Dieu, qui vous offre l'occasion de vaincre pour vous donner le prix de la victoire. Alors quand, sorti du tourbillon du monde terrestre, vous entrerez dans le monde des Esprits, vous y serez acclamé comme le soldat qui sort victorieux du milieu de la mêlée.

De toutes les épreuves, les plus pénibles sont celles qui affectent le coeur ; tel supporte avec courage la misère et les privations matérielles, qui succombe sous le poids des chagrins domestiques, meurtri par l'ingratitude des siens. Oh ! c'est une poignante angoisse que celle-là ! Mais qui peut mieux, en ces circonstances, relever le courage moral que la connaissance des causes du mal, et la certitude que, s'il y a de longs déchirements, il n'y a point de désespoirs éternels, car Dieu ne peut vouloir que sa créature souffre toujours ? Quoi de plus consolant, de plus encourageant que cette pensée qu'il dépend de soi, de ses propres efforts, d'abréger la souffrance en détruisant en soi les causes du mal ? Mais pour cela il ne faut pas arrêter son regard sur la terre et ne voir qu'une seule existence ; il faut s'élever, planer dans l'infini du passé et de l'avenir ; alors la grande justice de Dieu se révèle à vos regards, et vous attendez avec patience, parce que vous vous expliquez ce qui vous semblait des monstruosités sur la terre ; les blessures que vous y recevez ne vous paraissent plus que des égratignures. Dans ce coup d'oeil jeté sur l'ensemble, les liens de famille apparaissent sous leur véritable jour ; ce ne sont plus les liens fragiles de la matière qui en réunissent les membres, mais les liens durables de l'Esprit qui se perpétuent et se consolident en s'épurant, au lieu de se briser par la réincarnation.

Les Esprits que la similitude des goûts, l'identité du progrès moral et l'affection portent à se réunir, forment des familles ; ces mêmes Esprits, dans leurs migrations terrestres, se recherchent pour se grouper comme ils le font dans l'espace ; de là naissent les familles unies et homogènes ; et si, dans leurs pérégrinations, ils sont momentanément séparés, ils se retrouvent plus tard, heureux de leurs nouveaux progrès. Mais comme ils ne doivent pas travailler seulement pour eux, Dieu permet que des Esprits moins avancés viennent s'incarner parmi eux pour y puiser des conseils et de bons exemples dans l'intérêt de leur avancement ; ils y causent parfois du trouble, mais là est l'épreuve, là est la tâche. Accueillez-les donc en frères ; venez-leur en aide, et plus tard, dans le monde des Esprits, la famille se félicitera d'avoir sauvé des naufragés qui, à leur tour, pourront en sauver d'autres. 

- Saint Augustin (Esprit).
Paris, 1862.


Extrait du Chapitre XIV - Honorez votre père et votre mère - de «L'Évangile selon le Spiritisme» - Allan Kardec.

sábado, 9 de novembro de 2013

La parenté corporelle et la parenté spirituelle

8. Les liens du sang n'établissent pas nécessairement les liens entre les Esprits. Le corps procède du corps, mais l'Esprit ne procède pas de l'Esprit, parce que l'Esprit existait avant la formation du corps ; ce n'est pas le père qui crée l'Esprit de son enfant, il ne fait que lui fournir une enveloppe corporelle, mais il doit aider à son développement intellectuel et moral pour le faire progresser.

Les Esprits qui s'incarnent dans une même famille, surtout entre proches parents, sont le plus souvent des Esprits sympathiques, unis par des relations antérieures qui se traduisent par leur affection pendant la vie terrestre ; mais il peut arriver aussi que ces Esprits soient complètement étrangers les uns aux autres, divisés par des antipathies également antérieures, qui se traduisent de même par leur antagonisme sur la terre pour leur servir d'épreuve. Les véritables liens de famille ne sont donc pas ceux de la consanguinité, mais ceux de la sympathie et de la communion de pensées qui unissent les Esprits avant, pendant et après leur incarnation. D'où il suit que deux êtres issus de pères différents peuvent être plus frères par l'Esprit que s'ils l'étaient par le sang ; ils peuvent s'attirer, se rechercher, se plaire ensemble, tandis que deux frères consanguins peuvent se repousser, ainsi qu'on le voit tous les jours ; problème moral que le spiritisme seul pouvait résoudre par la pluralité des existences.

Il y a donc deux sortes de familles : les familles par les liens spirituels, et les familles par les liens corporels; les premières, durables, se fortifient par l'épuration, et se perpétuent dans le monde des Esprits, à travers les diverses migrations de l'âme ; les secondes, fragiles comme la matière, s'éteignent avec le temps et souvent se dissolvent moralement dès la vie actuelle. C'est ce qu'a voulu faire comprendre Jésus en disant de ses disciples : Voilà ma mère et mes frères, c'est-à-dire ma famille par les liens de l'Esprit, car quiconque fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux est mon frère, ma soeur et ma mère.

L'hostilité de ses frères est clairement exprimée dans le récit de saint Marc, puisque, dit-il, ils se proposaient de se saisir de lui, sous le prétexte qu'il avait  perdu l'esprit.  A l'annonce de leur arrivée, connaissant leur sentiment à son égard, il était naturel qu'il dît en parlant de ses disciples, au point de vue spirituel : «Voilà mes véritables frères ;» sa mère se trouvait avec eux, il généralise l'enseignement, ce qui n'implique nullement qu'il ait prétendu que sa mère selon le corps ne lui était rien comme Esprit, et qu'il n'eût pour elle que de l'indifférence ; sa conduite, en d'autres circonstances, a suffisamment prouvé le contraire.

- Allan Kardec.


Extrait du Chapitre XIV - Honorez votre père et votre mère - de «L'Évangile selon le Spiritisme» - Allan Kardec.