quinta-feira, 20 de fevereiro de 2014

Une royauté terrestre

Qui mieux que moi peut comprendre la vérité de cette parole de Notre-Seigneur : Mon royaume n'est pas de ce monde ? L'orgueil m'a perdue sur la terre ; qui donc comprendrait le néant des royaumes d'icibas, si je ne le comprenais pas ? Qu'ai-je emporté avec moi de ma royauté terrestre ? Rien, absolument rien ; et comme pour rendre la leçon plus terrible, elle ne m'a pas suivie jusqu'à la tombe ! Reine j'étais parmi les hommes, reine je croyais entrer dans le royaume des cieux. Quelle désillusion ! quelle humiliation quand, au lieu d'y être reçue en souveraine, j'ai vu au-dessus de moi, mais bien au-dessus, des hommes que je croyais bien petits et que je méprisais, parce qu'ils n'étaient pas d'un noble sang ! Oh ! qu'alors j'ai compris la stérilité des honneurs et des grandeurs que l'on recherche avec tant d'avidité sur la terre !

Pour se préparer une place dans ce royaume, il faut l'abnégation, l'humilité, la charité dans toute sa céleste pratique, la bienveillance pour tous ; on ne vous demande pas ce que vous avez été, quel rang vous avez occupé, mais le bien que vous avez fait, les larmes que vous avez essuyées.

Oh ! Jésus, tu l'as dit, ton royaume n'est pas ici-bas, car il faut souffrir pour arriver au ciel, et les marches du trône ne vous en rapprochent pas ; ce sont les sentiers les plus pénibles de la vie qui y conduisent ; cherchez-en donc la route à travers les ronces et les épines, et non parmi les fleurs.

Les hommes courent après les biens terrestres comme s'ils devaient les garder toujours ; mais ici plus d'illusion ; ils s'aperçoivent bientôt qu'ils n'ont saisi qu'une ombre, et ont négligé les seuls biens solides et durables, les seuls qui leur profitent au céleste séjour, les seuls qui peuvent leur en ouvrir l'accès.

Ayez pitié de ceux qui n'ont pas gagné le royaume des cieux ; aidezles de vos prières, car la prière rapproche l'homme du Très-Haut ; c'est le trait d'union entre le ciel et la terre : ne l'oubliez pas.

- Une reine de France (Esprit).
Le Havre, 1863.


Extrait du Chapitre II - Mon royaume n'est pas de ce monde - de "L'Évangile selon le Spiritisme" - Allan Kardec.

segunda-feira, 17 de fevereiro de 2014

Le point de vue

5. L'idée nette et précise qu'on se fait de la vie future donne une foi inébranlable dans l'avenir, et cette foi a des conséquences immenses sur la moralisation des hommes, en ce qu'elle change complètement le point de vue sous lequel ils envisagent la vie terrestre. Pour celui qui se place, par la pensée, dans la vie spirituelle qui est indéfinie, la vie corporelle n'est plus qu'un passage, une courte station dans un pays ingrat. Les vicissitudes et les tribulations de la vie ne sont plus que des incidents qu'il prend avec patience, parce qu'il sait qu'ils ne sont que de courte durée et doivent être suivis d'un état plus heureux ; la mort n'a plus rien d'effrayant ; ce n'est plus la porte du néant, mais celle de la délivrance qui ouvre à l'exilé l'entrée d'un séjour de bonheur et de paix. Sachant qu'il est dans une place temporaire et non définitive, il prend les soucis de la vie avec plus d'indifférence, et il en résulte pour lui un calme d'esprit qui en adoucit l'amertume.

Par le simple doute sur la vie future, l'homme reporte toutes ses pensées sur la vie terrestre ; incertain de l'avenir, il donne tout au présent ; n'entrevoyant pas des biens plus précieux que ceux de la terre, il est comme l'enfant qui ne voit rien au-delà de ses jouets ; pour se les procurer, il n'est rien qu'il ne fasse ; la perte du moindre de ses biens est un chagrin cuisant ; un mécompte, un espoir déçu, une ambition non satisfaite, une injustice dont il est victime, l'orgueil ou la vanité blessée sont autant de tourments qui font de sa vie une angoisse perpétuelle, se donnant ainsi volontairement une véritable torture de tous les instants. Prenant son point de vue de la vie terrestre au centre de laquelle il est placé, tout prend autour de lui de vastes proportions ; le mal qui l'atteint, comme le bien qui incombe aux autres, tout acquiert à ses yeux une grande importance. De même, à celui qui est dans l'intérieur d'une ville, tout paraît grand : les hommes qui sont en haut de l'échelle, comme les monuments ; mais qu'il se transporte sur une montagne, hommes et choses vont lui paraître bien petits.

Ainsi en est-il de celui qui envisage la vie terrestre du point de vue de la vie future : l'humanité, comme les étoiles du firmament, se perd dans l'immensité ; il s'aperçoit alors que grands et petits sont confondus comme les fourmis sur une motte de terre ; que prolétaires et potentats sont de la même taille, et il plaint ces éphémères qui se donnent tant de soucis pour y conquérir une place qui les élève si peu et qu'ils doivent garder si peu de temps. C'est ainsi que l'importance attachée aux biens terrestres est toujours en raison inverse de la foi en la vie future.

6. Si tout le monde pensait de la sorte, dira-t-on, nul ne s'occupant plus des choses de la terre, tout y péricliterait. Non ; l'homme cherche instinctivement son bien-être, et, même avec la certitude de n'être que pour peu de temps à une place, encore veut-il y être le mieux ou le moins mal possible ; il n'est personne qui, trouvant une épine sous sa main, ne l'ôte pour ne pas se piquer. Or, la recherche du bien-être force l'homme à améliorer toutes choses, poussé qu'il est par l'instinct du progrès et de la conservation, qui est dans les lois de la nature. Il travaille donc par besoin, par goût et par devoir, et en cela il accomplit les vues de la Providence qui l'a placé sur la terre à cette fin. Seulement celui qui considère l'avenir n'attache au présent qu'une importance relative, et se console aisément de ses échecs en pensant à la destinée qui l'attend.

Dieu ne condamne donc point les jouissances terrestres, mais l'abus de ces jouissances au préjudice des choses de l'âme ; c'est contre cet abus que sont prémunis ceux qui s'appliquent cette parole de Jésus : Mon royaume n'est pas de ce monde.

Celui qui s'identifie avec la vie future est semblable à un homme riche qui perd une petite somme sans s'en émouvoir ; celui qui concentre ses pensées sur la vie terrestre est comme un homme pauvre qui perd tout ce qu'il possède et se désespère.

7. Le spiritisme élargit la pensée et lui ouvre de nouveaux horizons ; au lieu de cette vue étroite et mesquine qui la concentre sur la vie présente, qui fait de l'instant qu'on passe sur la terre l'unique et fragile pivot de l'avenir éternel, il montre que cette vie n'est qu'un anneau dans l'ensemble harmonieux et grandiose de l'oeuvre du Créateur ; il montre la solidarité qui relie toutes les existences du même être, tous les êtres d'un même monde et les êtres de tous les mondes ; il donne ainsi une base et une raison d'être à la fraternité universelle, tandis que la doctrine de la création de l'âme au moment de la naissance de chaque corps, rend tous les êtres étrangers les uns aux autres. Cette solidarité des parties d'un même tout explique ce qui est inexplicable, si l'on ne considère qu'un seul point. C'est cet ensemble qu'au temps du Christ les hommes n'auraient pu comprendre, c'est pourquoi il en a réservé la connaissance à d'autres temps.

- Allan Kardec.


Extrait du Chapitre II - Mon royaume n’est pas de ce monde - de «L'Évangile selon le Spiritisme» - Allan Kardec.

sexta-feira, 14 de fevereiro de 2014

La royauté de Jésus

4. Le royaume de Jésus n'est pas de ce monde, c'est ce que chacun comprend ; mais sur la terre n'a-t-il pas aussi une royauté ? Le titre de roi n'implique pas toujours l'exercice du pouvoir temporel ; il est donné d'un consentement unanime à celui que son génie place au premier rang dans un ordre d'idées quelconques, qui domine son siècle, et influe sur le progrès de l'humanité. C'est dans ce sens qu'on dit : Le roi ou le prince des philosophes, des artistes, des poètes, des écrivains, etc. Cette royauté, née du mérite personnel, consacrée par la postérité, n'a-t-elle pas souvent une prépondérance bien autrement grande que celle qui porte le diadème ? Elle est impérissable, tandis que l'autre est le jouet des vicissitudes ; elle est toujours bénie des générations futures, tandis que l'autre est parfois maudite. La royauté terrestre finit avec la vie ; la royauté morale gouverne encore, et surtout après la mort. A ce titre Jésus n'est-il pas roi plus puissant que maints potentats ? C'est donc avec raison qu'il disait à Pilate : Je suis roi, mais mon royaume n'est pas de ce monde.

- Allan Kardec.


Extrait du Chapitre II - Mon royaume n’est pas de ce monde - de «L'Évangile selon le Spiritisme» - Allan Kardec.

quinta-feira, 13 de fevereiro de 2014

La vie future

1. Pilate, étant donc rentré dans le palais, et ayant fait venir Jésus, lui dit : Etesvous le roi des Juifs ? - Jésus lui répondit : Mon royaume n'est pas de ce monde. Si mon royaume était de ce monde, mes gens auraient combattu pour m'empêcher de tomber dans les mains des Juifs ; mais mon royaume n'est point ici.

Pilate lui dit alors : Vous êtes donc roi ? - Jésus lui repartit : Vous le dites ; je suis roi ; je ne suis né, et ne suis venu dans ce monde que pour rendre témoignage à la vérité ; quiconque appartient à la vérité écoute ma voix. (Saint Jean, chap. XVIII, v. 33, 36, 37.)

2. Par ces paroles, Jésus désigne clairement la vie future, qu'il présente en toutes circonstances comme le terme où aboutit l'humanité, et comme devant faire l'objet des principales préoccupations de l'homme sur la terre ; toutes ses maximes se rapportent à ce grand principe. Sans la vie future, en effet, la plupart de ses préceptes de morale n'auraient aucune raison d'être ; c'est pourquoi ceux qui ne croient pas à la vie future se figurant qu'il ne parle que de la vie présente, ne les comprennent pas, ou les trouvent puériles.

Ce dogme peut donc être considéré comme le pivot de l'enseignement du Christ ; c'est pourquoi il est placé un des premiers en tête de cet ouvrage, parce qu'il doit être le point de mire de tous les hommes ; seul il peut justifier les anomalies de la vie terrestre et s'accorder avec la justice de Dieu.

3. Les Juifs n'avaient que des idées très incertaines touchant la vie future ; ils croyaient aux anges, qu'ils regardaient comme les êtres privilégiés de la création, mais ils ne savaient pas que les hommes pussent devenir un jour des anges et partager leur félicité. Selon eux, l'observation des lois de Dieu était récompensée par les biens de la terre, la suprématie de leur nation, les victoires sur leurs ennemis ; les calamités publiques et les défaites étaient le châtiment de leur désobéissance. Moïse ne pouvait en dire davantage à un peuple pasteur ignorant, qui devait être touché avant tout par les choses de ce monde.

Plus tard Jésus est venu leur révéler qu'il est un autre monde où la justice de Dieu suit son cours ; c'est ce monde qu'il promet à ceux qui observent les commandements de Dieu, et où les bons trouveront leur récompense ; ce monde est son royaume ; c'est là qu'il est dans toute sa gloire, et où il va retourner en quittant la terre.

Cependant Jésus, conformant son enseignement à l'état des hommes de son époque, n'a pas cru devoir leur donner une lumière complète qui les eût éblouis sans les éclairer, parce qu'ils ne l'auraient pas comprise ; il s'est borné à poser en quelque sorte la vie future en principe, comme une loi de nature à laquelle nul ne peut échapper. Tout chrétien croit donc forcément à la vie future ; mais l'idée que beaucoup s'en font est vague, incomplète, et par cela même fausse en plusieurs points ; pour un grand nombre, ce n'est qu'une croyance sans certitude absolue ; de là les doutes et même l'incrédulité.

Le spiritisme est venu compléter en ce point, comme en beaucoup d'autres, l'enseignement du Christ, lorsque les hommes ont été mûrs pour comprendre la vérité. Avec le spiritisme, la vie future n'est plus un simple article de foi, une hypothèse ; c'est une réalité matérielle démontrée par les faits, car ce sont les témoins oculaires qui viennent la décrire dans toutes ses phases et dans toutes ses péripéties ; de telle sorte que non seulement le doute n'est plus possible, mais l'intelligence la plus vulgaire peut se la représenter sous son véritable aspect, comme on se représente un pays dont on lit une description détaillée ; or, cette description de la vie future est tellement circonstanciée, les conditions d'existence heureuse ou malheureuse de ceux qui s'y trouvent sont si rationnelles, qu'on se dit malgré soi qu'il n'en peut être autrement, et que c'est bien là la vraie justice de Dieu. 

- Allan Kardec.


Extrait du Chapitre II - Mon royaume n’est pas de ce monde - de «L'Évangile selon le Spiritisme» - Allan Kardec.

quarta-feira, 12 de fevereiro de 2014

Saint Augustin

11. Saint Augustin est l'un des plus grands vulgarisateurs du spiritisme ; il se manifeste presque partout ; nous en trouvons la raison dans la vie de ce grand philosophe chrétien. Il appartient à cette vigoureuse phalange des Pères de l'Eglise auxquels la chrétienté doit ses plus solides assises. Comme beaucoup, il fut arraché au paganisme, disons mieux, à l'impiété la plus profonde, par l'éclat de la vérité. Quand, au milieu de ses débordements, il sentit en son âme cette vibration étrange qui le rappela à lui-même, et lui fit comprendre que le bonheur était ailleurs que dans des plaisirs énervants et fugitifs ; quand enfin, sur son chemin de Damas, il entendit, lui aussi, la voix sainte lui crier : Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu ? il s'écria : Mon Dieu ! mon Dieu ! pardonnez-moi, je crois, je suis chrétien ! et depuis lors il devint un des plus fermes soutiens de l'Evangile. On peut lire, dans les confessions remarquables que nous a laissées cet éminent Esprit, les paroles caractéristiques et prophétiques en même temps, qu'il prononça après avoir perdu sainte Monique : «Je suis convaincu que ma mère reviendra me visiter et me donner des conseils en me révélant ce qui nous attend dans la vie future.» Quel enseignement dans ces paroles, et quelle prévision éclatante de la future doctrine ! C'est pour cela qu'aujourd'hui, voyant l'heure arrivée pour la divulgation de la vérité qu'il avait pressentie jadis, il s'en est fait l'ardent propagateur, et se multiplie, pour ainsi dire, pour répondre à tous ceux qui l'appellent. 

- Eraste, disciple de saint Paul (Esprit). 
Paris, 1863.

Remarque. Saint Augustin vient-il donc renverser ce qu'il a élevé ? non assurément ; mais comme tant d'autres, il voit avec les yeux de l'esprit ce qu'il ne voyait pas comme homme ; son âme dégagée entrevoit de nouvelles clartés ; elle comprend ce qu'elle ne comprenait pas auparavant ; de nouvelles idées lui ont révélé le véritable sens de certaines paroles ; sur la terre il jugeait les choses selon les connaissances qu'il possédait, mais, lorsqu'une nouvelle lumière s'est faite pour lui, il a pu les juger plus sainement ; c'est ainsi qu'il a dû revenir sur sa croyance concernant les Esprits incubes et succubes, et sur l'anathème qu'il avait lancé contre la théorie des antipodes. Maintenant que le christianisme lui apparaît dans toute sa pureté, il peut, sur certains points, penser autrement que de son vivant, sans cesser d'être l'apôtre chrétien ; il peut, sans renier sa foi, se faire le propagateur du spiritisme, parce qu'il y voit l'accomplissement des choses prédites. En le proclamant aujourd'hui, il ne fait que nous ramener à une interprétation plus saine et plus logique des textes. Ainsi en est il des autres Esprits qui se trouvent dans une position analogue.

- Allan Kardec.


Extrait du Chapitre I - Je ne suis point venu détruire la loi - de «L'Évangile selon le Spiritisme» - Allan Kardec.

terça-feira, 11 de fevereiro de 2014

La croisade de la paix

Un jour, Dieu, dans sa charité inépuisable, permit à l'homme de voir la vérité percer les ténèbres ; ce jour était l'avènement du Christ. Après la lumière vive, les ténèbres sont revenues ; le monde, après des alternatives de vérité et d'obscurité, se perdait de nouveau. Alors, semblables aux prophètes de l'Ancien Testament, les Esprits se mettent à parler et à vous avertir ; le monde est ébranlé dans ses bases ; le tonnerre grondera ; soyez fermes !

Le spiritisme est d'ordre divin, puisqu'il repose sur les lois mêmes de la nature, et croyez bien que tout ce qui est d'ordre divin a un but grand et utile. Votre monde se perdait, la science, développée aux dépens de ce qui est d'ordre moral, tout en vous menant au bien-être matériel, tournait au profit de l'esprit des ténèbres. Vous le savez, chrétiens, le coeur et l'amour doivent marcher unis à la science. Le règne du Christ, hélas ! après dix-huit siècles, et malgré le sang de tant de martyrs, n'est pas encore venu. Chrétiens, revenez au maître qui veut vous sauver. Tout est facile à celui qui croit et qui aime ; l'amour le remplit d'une joie ineffable. Oui, mes enfants, le monde est ébranlé ; les bons Esprits vous le disent assez ; ployez sous le souffle avant-coureur de la tempête, afin de n'être point renversés ; c'est-à-dire préparez-vous, et ne ressemblez pas aux vierges folles qui furent prises au dépourvu à l'arrivée de l'époux.

La révolution qui s'apprête est plutôt morale que matérielle, les grands Esprits, messagers divins, soufflent la foi, pour que vous tous, ouvriers éclairés et ardents, fassiez entendre votre humble voix ; car vous êtes le grain de sable, mais sans grains de sable il n'y aurait pas de montagnes. Ainsi donc, que cette parole : «Nous sommes petits,» n'ait plus de sens pour vous. A chacun sa mission, à chacun son travail. La fourmi ne construit-elle pas l'édifice de sa république, et des animalcules imperceptibles n'élèvent-ils pas des continents ? La nouvelle croisade est commencée ; apôtres de la paix universelle et non d'une guerre, saints Bernard modernes, regardez et marchez en avant : la loi des mondes est la loi du progrès.

- Fénelon (Esprit).
Poitiers, 1861.


Extrait du Chapitre I - Je ne suis point venu détruire la loi - de "L'Évangile selon le Spiritisme" - Allan Kardec.

segunda-feira, 10 de fevereiro de 2014

L'ère nouvelle

9. Dieu est unique, et Moïse est l'Esprit que Dieu a envoyé en mission pour le faire connaître, non seulement aux Hébreux, mais encore aux peuples païens. Le peuple hébreu a été l'instrument dont Dieu s'est servi pour faire sa révélation par Moïse et par les prophètes, et les vicissitudes de ce peuple étaient faites pour frapper les yeux et faire tomber le voile qui cachait aux hommes la divinité.

Les commandements de Dieu donnés par Moïse portent le germe de la morale chrétienne la plus étendue ; les commentaires de la Bible en rétrécissaient le sens, parce que, mise en oeuvre dans toute sa pureté, elle n'aurait pas été comprise alors ; mais les dix commandements de Dieu n'en restaient pas moins comme le frontispice brillant, comme le phare qui devait éclairer l'humanité dans la route qu'elle avait à parcourir. 

La morale enseignée par Moïse était appropriée à l'état d'avancement dans lequel se trouvaient les peuples qu'elle était appelée à régénérer, et ces peuples, à demi sauvages quant au perfectionnement de leur âme, n'auraient pas compris qu'on pût adorer Dieu autrement que par des holocaustes, ni qu'il fallût faire grâce à un ennemi. Leur intelligence, remarquable au point de vue de la matière, et même sous celui des arts et des sciences, était très arriérée en moralité, et ne se serait pas convertie sous l'empire d'une religion entièrement spirituelle ; il leur fallait une représentation semi-matérielle, telle que l'offrait alors la religion hébraïque. C'est ainsi que les holocaustes parlaient à leurs sens, pendant que l'idée de Dieu parlait à leur esprit.

Le Christ a été l'initiateur de la morale la plus pure, la plus sublime ; de la morale évangélique chrétienne qui doit rénover le monde, rapprocher les hommes et les rendre frères ; qui doit faire jaillir de tous les coeurs humains la charité et l'amour du prochain, et créer entre tous les hommes une solidarité commune ; d'une morale enfin qui doit transformer la terre, et en faire un séjour pour des Esprits supérieurs à ceux qui l'habitent aujourd'hui. C'est la loi du progrès, à laquelle la nature est soumise, qui s'accomplit, et le spiritisme est le levier dont Dieu se sert pour faire avancer l'humanité.

Les temps sont arrivés où les idées morales doivent se développer pour accomplir les progrès qui sont dans les desseins de Dieu ; elles doivent suivre la même route que les idées de liberté ont parcourue, et qui en étaient l'avant-coureur. Mais il ne faut pas croire que ce développement se fera sans luttes ; non, elles ont besoin, pour arriver à maturité, de secousses et de discussions, afin qu'elles attirent l'attention des masses ; une fois l'attention fixée, la beauté et la sainteté de la morale frapperont les esprits, et ils s'attacheront à une science qui leur donne la clef de la vie future et leur ouvre les portes du bonheur éternel. C'est Moïse qui a ouvert la voie ; Jésus a continué l'oeuvre ; le spiritisme l'achèvera. 

- Un Esprit israélite.
Mulhouse, 1861.


Extrait du Chapitre I - Je ne suis point venu détruire la loi - de «L'Évangile selon le Spiritisme» - Allan Kardec.